Le monde n’attend pas et n’a jamais attendu.
De même, la France ne dicte pas à l’Histoire et au monde, en tout cas, plus maintenant si jamais tel fut le cas.
Elle ne peut agir dans une bulle déconnectée de ce monde, leçon qu’a apprise, entre autres, François Mitterrand en 1981, non pas à son détriment mais à celui de la France et des Français.
Il ne s’agit pas, ici, de discuter du bien-fondé des revendications multiples et venues d’horizons des plus divers qui émergent en ce moment et de la mobilisation qu’elles engendrent, seulement de dire qu’elles ne sont pas solubles pour la grande majorité d’entre elles dans ce qu’est le monde aujourd’hui.
On peut s’en réjouir ou s’en désespérer mais c’est un fait.
Oui, la France peut agir mais à la marge.
L’Union européenne, elle, a de plus grandes latitudes mais encore faudrait-il que ses membres lui donnent vraiment les capacités d’agir.
Mais celle-ci a dû se réveiller de son rêve d’une Europe de paix et de félicité qu’elle continuait à entretenir sans rapport avec ce qui se passait dans le monde et à ses frontières.
Pourra-t-elle se mettre au niveau des périls qui la menace, personne ne le sait encore.
Dès lors, les Français – qui n’est pas le peuple le plus à plaindre de la planète, loin de là – peuvent demander ce qu’ils veulent, refuser de prendre les mesures adéquates, défier le reste du monde et dénier la réalité mais c’est cette dernière qui gagnera et – espérons que non –, peut-être, les écrasera.
Et lorsque sa volonté s’imposera, quel sera l’état de la France si sa population décide de se lancer dans une aventure sans lendemain?
Elle ressortira esquintée, à tout le moins, et devra s’employer à rattraper le temps perdu, ce qui ne sera pas une mince affaire comme le montre tant d’exemples.
Et les victimes s’appelleront les Français.
Encore que pas grand-monde, ailleurs, ne les plaindra puisqu’ils auront décidé de s’autodétruire eux-mêmes.
Peut-être avec les meilleures intentions et la volonté de bâtir un plus bel avenir.
Mais le monde dans lequel la France évolue est ce qu’il est: impitoyable, violent, compétitif et peu charitable pour ceux qui ne veulent pas suivre le chemin qu’il trace.
Même les grandes puissances sont contraintes, certes à un degré moindre que notre pays, et ne peuvent faire ce qu’elles veulent sans des conséquences qu’il leur faut payer.
Trump le démontre quotidiennement.
La question n’est pas d’accepter cette situation sans rien faire.
Jamais.
Non, ce qu’il faut, c’est se battre face à la réalité et non avec des chimères irréalisables.
Construire un monde meilleur dans cette réalité est possible.
Tordre la réalité à ses désirs est l’échec assuré.
Peut-être qu’un jour l’Humanité entière décidera de changer ce monde – et non changer de monde, ce qui est impossible – en acceptant ses contraintes immuables et pas les autres, et que la France pourra jouer un rôle moteur.
Tel n’est pas le cas aujourd’hui.
Alexandre Vatimbella
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