mercredi 9 septembre 2026

A quand Hitler, héros de l’Allemagne?

Au lieu de garder les mémoires vivantes et faire en sorte que le passé soit une leçon à ne pas oublier, les années, au contraire, patinent puis effacent petit à petit les pires aspects de la réalité, gardant les plus glorieux ce qui permet de réhabiliter des événements et des personnages pourtant inexcusables.

Ce processus est bien connu et, pour prendre un exemple du quotidien que nous connaissons tous, à chaque décès nous avons tendance à ne garder que les aspects positifs de la personne disparue et à excuser ou amoindrir ses défauts ou ses agissements fautifs, comportement qui s’accroit au fil des années.

La liste serait trop longue à faire de tous ceux qui, dans les histoires nationales sont devenus des icônes alors qu’ils n’étaient souvent que de vulgaires criminels.

On le voit avec Staline en ce moment en Russie.

En Chine, Mao est encore considéré comme un dieu.

Tout comme Peron en Argentine ou Castro à Cuba.

Mussolini a toujours son mausolée en Italie où il demeure une idole pour une grande partie de la population.

En France, le «bon roi Dagobert» était un génocidaire et, oui, Napoléon un autocrate égocentrique qui ne reculait sur aucun moyen pour assouvir son désir de gloire.

L’inculture, voire l’acculture, des peuples en matière d’Histoire joue un rôle dans l’effacement des aspérités, même les pires.

Pour que ce ne soit pas le cas et pour éviter les réhabilitations scandaleuses, la formation et l’information des citoyens est primordiale.

Or, ici, force est de constater une grande et grave faillite quand on sait, par exemple, qu’une majorité de lycéens allemands ne savent pas qui est Hitler, surtout de ce qu’il a fait.

Dès lors, si on leur dit qu’il a construit les autoroutes, créé la coccinelle de Volkswagen et gagner des batailles militaires et quelques autres faits sortis de leur contexte, on en fait un type tout à fait fréquentable et non le monstre qu’il était.

D’autant que l’Allemagne toute entière et pas seulement celle de l’Est n’a pas été au bout de son processus de dénazification, la faute en revenant, en partie, aux élites du pays mais aussi aux pays vainqueurs de la Seconde guerre mondiale qui, lorsqu’ils sont entrés dans l’ère de la Guerre froide, ont décidé de passer l’éponge et de s’attacher, qui des Etats-Unis et de leurs alliés, les Allemands de l’Ouest et, qui de l’Union soviétique et de ses satellites, les Allemands de l’Est.

Tout cela a permis que le nazisme ne disparaisse jamais en Allemagne et qu’il puisse aujourd’hui revenir en force sur le devant de la scène politique avec l’AfD, deuxième force politique du pays aux dernières législatives et qui vient de gagner les élections dans le land de Saxe-Anhalt.

Et comme ce parti néo-nazi n’a pas été interdit, il est donc légalement apte à se présenter devant les électeurs et à concourir pour diriger le pays, tout comme le Parti national-socialiste à son époque.

Du coup, pour les citoyens, il est donc légitime d’exister et l’on peut voter pour lui.

Ce qui est déjà un premier pas pour la réhabilitation d’Hitler alors que celui-ci a perpétré ses crimes immondes il y a moins d’un siècle.

Gageons que si l’AfD parvient au pouvoir, d’autres pas seront réalisés jusqu’à la phase finale où il sera un grand dirigeant historique voire un héros de la patrie.

Est-ce inévitable?

On veut croire que non mais, pour cela, il faut, qu’enfin, en Allemagne mais aussi dans le monde entier la formation du citoyen d’un pays démocratique et républicain soit à la hauteur de l’enjeu ce qui n’est pas le cas actuellement.

Alexandre Vatimbella 

 

 


samedi 5 septembre 2026

Présidentielle 2027: l’axe central faillira-t-il face à sa mission historique, sauver la démocratie?

Tout sauf les extrêmes.

Ce mot d’ordre est le cri de ralliement qui doit absolument unir tous les défenseurs de la démocratie républicaine libérale qui sont aujourd’hui identifiés sous l’appellation d’axe central pour cette élection présidentielle de l’année prochaine.

Il faut bien comprendre que ce qui regroupe tous les partis qui vont de la social-démocratie à la droite conservatrice, ce n’est pas un programme politique commun mais des valeurs et des principes qui sont les fondements de cette démocratie républicaine libérale.

Cet axe central s’est constitué de fait au cours de ce début de 21e siècle face à la montée des extrêmes et plus particulièrement de l’extrême-droite puis de la résurgence d’un populisme récupéré largement par ces extrémismes.

Il n’a évidemment pas de siège social, ni d’existence matérielle mais est un espace politique qui s’est constitué de fait et qui a pour unique objectif de sauver la démocratie républicaine libérale.

C’est une mission historique qui doit durer le temps de la menace qui n’a jamais été aussi prégnante.

Actuellement, l’axe central fonctionne plus ou moins dans notre pays avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, non dans sa composition mais du fait que son existence est dû à une alliance informelle entre les formations allant du PS à LR en passant par Renaissance, le MoDem et Horizons même si le PS a pu voter des motions de censure.

Mais, avec l’élection présidentielle l’axe central avance complètement diviser puisque presque toutes les formations le composant vont présenter un candidat au premier tour.

A priori, rien d’anormal, chacun venant défendre son programme qui représente sa propre sensibilité et l’on est en droit d’espérer qu’il y aura un rassemblement autour du candidat de l’axe central qui sera présent au second tour.

Sauf qu’il y a un risque qu’il n’y en ait aucun!

Il existe en effet une probabilité, certes faible mais réelle, que ce second tour voit s’affronter un candidat d’extrême-gauche face à une candidate d’extrême-droite.

Si tel était le cas, ce serait en partie dû à l’absence d’union de l’axe central au premier tour.

Et si tel était le cas, l’axe central faillirait à sa mission historique en permettant l’élection d’un adversaire de la démocratie républicaine libérale.

Nous n’en sommes pas encore là et il faut espérer que ce scénario catastrophe ne surviendra pas.

Reste que pour l’éviter, tous les candidats et les partis de l’axe central doivent faire preuve de responsabilité sachant que ce qui est en jeu c’est le future même de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Il ne s’agit pas de renier ses convictions politiques mais de défendre le cadre qui permet de les exprimer.

 Alexandre Vatimbella

 


jeudi 3 septembre 2026

Pourquoi Trump fera tout pour ne pas rendre le pouvoir

La popularité de Trump n’a jamais été aussi basse alors que les Américains sont confrontés à nombre de difficultés dans leur vie quotidienne dues avant tout à sa politique – ou son absence de politique – et à ses décisions erratiques et dangereuses pour les Etats-Unis et le monde entier.

Certains croient qu’il suffit de faire le dos rond, de supporter encore deux ans un personnage déplorable qui quittera définitivement et pour toujours la Maison blanche en janvier 2029 comme le veut la Constitution.

Néanmoins rien n’est moins sûr.

D’abord, si la démocratie fonctionne encore à cette date, il se peut que son remplaçant soit encore pire que lui.

Tel sera le cas s’il s’agit de son vice-président JD Vance, un vrai idéologue d’extrême-droite encore plus dangereux, si cela est possible, que Trump pour la démocratie étasunienne.

Mais, il se peut que Trump tout simplement ne rende pas le pouvoir.

Et tout indique que c’est son objectif, non seulement parce qu’il l’a déjà évoqué publiquement, -- rappelons qu’il avait affirmé aux électeurs en 2024 que s’ils votaient pour lui se serait dans doute la dernière présidentielle –, mais aussi pour trois raisons principales.

D’abord parce qu’il rêve d’être président à vie.

Son admiration pour les dictateurs, de Poutine à Kim en passant par Xi ainsi que pour les autocrates dans les pays occidentaux comme c’était le cas avec Orban ainsi que son ambition d’être couronner roi des Etats-Unis sont connues de tout le monde.

Ensuite, parce qu’une fois redevenu simple citoyen, il risque la prison.

Il a déjà été reconnu coupable avant son deuxième mandat et si aucune peine n’a encore été prononcé, c’est parce que la justice a estimé que sa réélection repoussait celle-ci après son mandat.

De même, il est soupçonné de nombreuses autres possibles malversations et corruptions qui semblent indéniables pour beaucoup d’entres et dont les enquêtes et les comparutions devant les tribunaux pourront reprendre dans deux ans.

Et il pourrait être mis en cause dans les violences issues directement de sa politique comme celle de l’immigration avec la police ICE même si la Cour suprême semble lui avoir donné une immunité en la matière.

Dès lors, il fera tout pour ne pas se retrouver en prison comme le fait actuellement son compère israélien Netanyahu en s’accrochant au pouvoir.

Enfin, parce cette présidence lui permet de s’enrichir lui et sa famille.

Les sommes considérables qu’il a amassé depuis deux ans sont indécentes et totalement inédites pour un président des Etats-Unis même par ceux qui furent reconnus de corruption au cours de l’histoire du pays.

Son avidité sans limite le poussera à tout faire pour ne pas laisser partir cette poule aux œufs d’or.

Le premier test sur ses réelles intentions aura lieu en novembre prochain lors des élections de mi-mandat qu’il fait tout pour les truquer avec nombre de mesures qui avantage les républicains notamment les difficultés faites aux groupes ethniques et sociaux favorables aux démocrates de voter.

S’il les perd, ce que prédisent l’ensemble des sondages, va-t-il accepter les résultats?

Pour empêcher le Congrès alors aux mains des démocrates de remplir sa mission, il peut entraver son action jusqu’à déclarer l’état d’urgence.

Un état d’urgence qu’il pourrait aussi utiliser pour repousser les prochaines présidentielles ad vitam aeternam.

Pour cela, il aura deux ans pour mettre en place son plan et il ne manque pas de complices pour parvenir à ses fins.

Dès 2016, Trump avait engagé le combat pour abattre la démocratie étasunienne.

Son refus de reconnaître sa défaite en 2020 face à Joe Biden, montrait qu’il était prêt à aller jusqu’au bout de celui-ci.

Les électeurs américains lui ont offert la chance de pouvoir le faire, sachant que Trump, en la matière ne la laisse pas passer quand il le peut.

Alexandre Vatimbella 

 

 


jeudi 2 juillet 2026

Entre ceux qui n’en veulent pas pour eux et ceux qui la veulent que pour eux, la liberté sera toujours en danger

 

Nous l’oublions un peu vite mais ni la démocratie et ses valeurs, ni la liberté d’individus égaux qui en est la plus importante, ne sont assurés pour toujours.

La menace vient tout à la fois de ceux qui ont peur de la liberté parce qu’elle implique la responsabilité et ceux qui veulent la confisquer que pour eux-mêmes pour en profiter sur le dos des autres.

Les premiers, dans une démocratie, sont les électeurs des seconds.

Ainsi se forme cette coalition des ennemis de la liberté basée d’un côté sur l’irresponsabilité et de l’autre sur la domination.

C’est ce qui définit l’extrémisme populiste, celui qui a toujours existé et existera toujours, celui qui est en pleine floraison dans l’ensemble des démocraties de la planète en ce début de troisième millénaire.

Ajoutons que ceux qui ne veulent pas de leur liberté, ne veulent pas que les autres puissent jouir de la leur tout comme ceux qui veulent que de leur liberté.

C’est évidemment désespérant mais ne pas se l’avouer, ce n’est rien faire pour combattre cette réalité.

Car, si cette coalition ne disparaitra pas, l’Histoire montre qu’elle n’a pas été toujours majoritaire, qu’elle n’a pas vocation à l’être depuis l’établissement de la démocratie moderne à la fin du 18e siècle et qu’elle peut être battue mais pas éradiquée.

Actuellement, les extrémistes populistes bien aidés en cela par des relais dont certains médias mais aussi par une certaine fatalité qui s’est installée chez les défenseurs de la liberté, nous expliquent que la marche de l’Histoire va dans le sens de leur société totalitaire.

Ce n’est pas nouveau.

Hitler parlait de son Reich de mille ans mais il ne dura que 13 années.

Le nazisme, le fascisme et le communisme se sont effondrés au 20e siècle alors que dans les années 1930, on prédisait leur victoire finale.

Néanmoins, ils n’ont pas disparu et ne disparaîtront jamais.

Leurs idéologies et leurs haines de l’autre et de la liberté seront toujours présentes dans une partie de la population et parfois seront même majoritaires.

Il faut donc ne jamais baisser la garde comme nous avons eu tendance à le faire après la chute de l’URSS en 1989 où nous avons cru ou, tout au moins, espéré que nous en avions fini avec les totalitarismes alors même que la même année les communistes chinois massacraient les jeunes qui réclamaient leur liberté place Tienanmen.

Et nos chimères d’alors furent une bénédiction pour des Poutine ou des Xi, des Kim ou des Khamenei.

Pour autant, la démocratie a réussi à résister face aux tensions autocratiques et populistes de l’intérieur et les menaces de l’extérieur.

Certains se demandent jusqu’à quand, jusqu’à quand la résistance sera possible avant qu’une chape de plomb recouvre la liberté.

Le danger est là mais l’inéluctable pas encore.

Le combat, parce que c’en est un, doit être livré sans répit au nom de la dignité humaine.

Alexandre Vatimbella

 



lundi 8 juin 2026

Pour que la mort d’une petite fille soit enfin le réveil de nos consciences

Une petite fille de 11 ans est morte.

Tuée par un prédateur sexuel.

Elle n’aurait pas dû.

Comme tous les enfants assassinés, violés, violentés, agressés physiquement ou détruits psychologiquement par la haine, la violence et les pulsions sexuelles dérangées.

Rendons avec dignité et respect un adieu à Lyhanna et faisons de sa disparition le point de bascule qui va enfin permettre une réponse de la société à la hauteur de toutes les atteintes intolérables et révoltantes à l’égard des enfants.

Les médias mais aussi les politiques et, surtout, les citoyens ont décidé d’en faire un événement transcendant, ce qui peut permettre enfin une vraie prise de conscience collective de long terme sur la condition enfantine et non pas seulement épidermique même si on peut regretter que certaines réactions ne soient malheureusement pas toujours dénuées d’arrière-pensées qui n’ont rien à voir avec la mort d’une enfant et l’importance de l’enjeu.

Et comme on pouvait le prévoir la récupération politicienne notamment par LFI et le RN a commencé avec une instrumentalisation méprisable au regard de cette disparition.

Du côté des défenseurs intransigeants des enfants, il faut affirmer qu’au-delà des éventuels dysfonctionnements ou fautes vis-à-vis de l’auteur de la mort de Lyhanna, nous sommes tous concernés.

Non pas seulement dans notre indignation et notre désespoir qui montre notre émotion mais pour agir face à la cause à défendre, celle de la sécurité et le bien-être des enfants.

Car les dysfonctionnements et les fautes s’ils sont avérés sont avant tout ceux de la société, donc des nôtres, de vous et de moi.

Si la société était faite à hauteur d’enfant, ici en France mais aussi dans le monde, ça se saurait.

Si nous acceptions le coût matériel mais aussi sociétal d’une vraie protection de l’enfance, nous n’en serions pas à pleurer la mort d’une enfant de 11 ans.

Tant que nous refuserons de prendre soin comme il faut de l’enfance, celle-ci continuera d’être en danger que ce soit face à de monstrueux prédateurs mais aussi face à l’inadaptation des sociétés à l’enfance.

Alors ne laissons pas retomber l’émotion et faisons-en une motivation pour que, tous ensemble, nous faisions en sorte de créer un environnement où de tels drames ne soient plus possible.

Et espérons que la cause des enfants sera au centre de la campagne présidentielle.

En la mémoire de Lyhanna et de tous les autres enfants victimes.

Alexandre Vatimbella 

 


dimanche 24 mai 2026

La démocratie malgré nous

La démocratie est-elle le meilleur système politique? Oui.

Sommes-nous à la hauteur de la démocratie? Non.

Méritons-nous la démocratie? Non.

Devons-nous alors supprimer la démocratie? Non.

Peut-on réellement faire vivre la démocratie? Peut-être.

Mériterons-nous un jour la démocratie? Il faut l’espérer.

Le «oui» et le «peut-être» sont les réponses-clés de ce petit mais crucial questionnaire.

Oui, bien sûr, la démocratie républicaine est le meilleur régime politique pour n’importe quelle société ou peuple, sans contestation aucune.

Et il est peut-être possible de la faire réellement fonctionner même si nous ne sommes pas actuellement à la hauteur de son projet et de ses valeurs, si nos comportements démontrent trop souvent que nous ne la méritons pas mais que donc, face à et malgré nos incapacités à l’établir parfaitement et profondément dans n’importe quel endroit de la communauté humaine mondiale, nous ne devons surtout pas la supprimer.

D’autant que cette suppression serait une forfaiture aux générations futures qui ont et auront toujours le droit de vouloir vivre dans un régime de liberté et d’égalité tout en éliminant toutes les imperfections petites et grandes de son fonctionnement concret mais aussi de nos comportements inadéquats.

Sans oublier que la liberté et l’égalité ne sont pas discutables mais font partie de la condition de l’humain et sont imprescriptibles même si elles sont si souvent bafouées à travers le monde.

Il faut bien comprendre que la démocratie n’est pas un accident de l’Histoire mais une évolution historique des sociétés humaines et que les valeurs humanistes qu’elle porte sont la base des droits fondamentaux qui s’attachent à tout humain et qu’aucune société même par le vote de son peuple n’est autorisée à supprimer.

Et même si elle venait à être dénaturée voire supprimée de la surface de la Terre, ce ne serait pas une fin définitive mais un de ces mouvements dont l’histoire de l’Humanité est remplie, c’est-à-dire un retour en arrière avant sa résurgence parce qu’elle est le meilleur système possible que nous pouvons mettre en place concrètement même s’il peut être envisagé, une fois qu’elle sera appliquée correctement, son approfondissement et son dépassement par un régime encore plus profondément ancré dans les valeurs humanistes et leur application effectives que celui que nous avons actuellement la capacité de faire fonctionner.

La démocratie malgré nous c’est affirmer que même si nous ne pouvons pas la faire vivre correctement actuellement, que même si nous n’en voulions plus, elle n’est pas optionnelle mais l’obligation cardinale de toute société au même titre qu’elle doit assurer à ses membres une bonne existence dans la sécurité.

Ce qui en fait le seul régime politique légitime.

Ayant dit cela, la tâche principale de toutes les personnes éprises de liberté, d’égalité et de respect de la dignité humaine, est de se faire les ambassadeurs du projet démocratique tout en demandant que celui-ci soit effectivement implémenté dans les sociétés qui se réclament de ses principes et de ses règles.

Pour y parvenir, nous devons dégager les moyens nécessaires afin de faire de chaque individu un véritable citoyen, celui qui est capable de prendre en main son existence et de réaliser son projet de vie tout en s’insérant dans une communauté où l’autre est son égal, c’est-à-dire où, à côté de ses droits inaliénables, il a des devoirs tout aussi impératifs.

En ce début de troisième millénaire, à un moment où la démocratie républicaine libérale est fragilisée constamment par ses ennemis, qu’ils viennent du dedans ou du dehors, devant l’apathie d’une partie des peuples libres, devant le renoncement de certains, la revitalisation du projet démocratique est non seulement indispensable mais urgent.

Mais, quoi qu’il arrive à la démocratie, celle reste et restera le seul régime qui respecte véritablement l’humain.

Elle sera donc toujours l’horizon indépassable de l’Humanité.

Alexandre Vatimbella

 




lundi 18 mai 2026

Rêves américain et chinois ou la bataille entre la liberté et l’asservissement

On parle souvent de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, de la guerre économique ou financière, voire de la guerre tout court.

Mais on parle peu de la guerre des «rêves».

Or, celle-ci pourrait s’avérer, si ce n’est plus importante que les autres, aussi cruciale.

En tout cas, cette bataille est un choix de société entre deux modèles qui se repoussent absolument et qui façonnent la réalité des deux régimes en place et qui se font face.

On connait la genèse du rêve américain, un concept inventé en 1931 par James Truslow Adams dans son livre «The Epic of America» qui souhaitait décrire ce qui motivait les Américains, individuellement et collectivement à bâtir la société étasunienne.

Au-delà des interprétations partisanes de ce rêve avec la prédominance de la réussite matérielle pour les républicains et de la réussite de l’émancipation pour les démocrates, il demeure les fondamentaux qui sont ceux de la démocratie républicaine libérale même si l’on peut se poser la question d’une dérive vers des principes autocratiques de la vision républicaine avec l’accession au pouvoir de Donald Trump.

En revanche, le grand public est moins au courant de celle du rêve chinois.

Pourquoi donc Xi Jinping, l’actuel potentat de la Chine l’a-t-il inventé et promu?

Tout simplement parce qu’il s’est rendu compte qu’une des pièces essentielles du soft-power dominant, celui des Etats-Unis, était le fameux rêve américain et que si la Chine voulait devenir la première puissance mondiale, il fallait qu’elle possède le sien pour motiver son peuple mais également pour susciter une communauté d’Etats, ce qui est en train de se passer avec l’internationale totalitaire.

Mais, bien évidemment, en tant que leader d’un régime dictatorial, son rêve prend l’exact contrepied du rêve américain.

Ici, pas question de réussite individuelle et d’émancipation de l’individu, tout est dans le collectif autour d’un nationalisme intransigeant et guerrier, voire revanchard, ainsi que d’un pouvoir centralisé qui dirige le peuple et lui indique l’unique bon chemin à suivre.

Autant le rêve américain est basé sur la liberté d’individus égaux, autant le rêve chinois est construit sur l’obéissance au pouvoir et le nivèlement dans une communauté où personne, à part le chef et ses acolytes, ne peut exprimer sa propre personnalité et son projet de vie s’il ne rentre pas dans les canons définis par le Parti communiste.

Quand, aujourd’hui, certains mettent sur le même plan les deux premières puissances mondiales et leurs impérialismes respectifs, ils oublient cette différence fondamentale qui leur permet même de trouver des avantages au rêve chinois.

Demain, si celui-ci devient la référence principale des peuples alors la démocratie républicaine libérale sera proche de l’extinction.

Alors, aussi imparfait et illusoire qu’il soit, le rêve américain sera toujours préférable.

Alexandre Vatimbella