«L’armée américaine est toujours une option», telle est le
propos de la porte-parole de la Maison blanche sur la volonté de Trump d’annexer
le Groenland.
«Si tel est le cas, nous serions alors dans un autre monde»,
telle est la réponse d’Emmanuel Macron.
Mais ne sommes-nous déjà pas dans cet autre monde?
Car n’est-il pas surréaliste de voir une porte-parole d’un
président américain envisager d’envahir un territoire appartenant à un pays
membre de l’Union européenne?!
Si certains affirment que l’extrémiste populiste du bureau
ovale n’osera pas passer à l’action militaire contre l’Europe, d’autres
pointent avec raison qu’il est prêt à tout pour parvenir à ses fins sachant qu’il
ne s’agit pas pour lui d’assurer la sécurité des Etats-Unis en s’emparant du
Groenland mais bien de s’accaparer ses richesses en matières premières.
On entend aussi un discours qui explique que l’Union
européenne est un espace de paix et non une puissance, ce qui était sans doute
vrai dans l’idée de sa création et sa construction sauf qu’ici on oublie que le
monde n’est plus le même que dans les années 1950, ni même au début de ce
millénaire.
Et dans cet «autre monde», il doit aussi y avoir une «autre
Europe» qui, certes, prône comme elle le fait la paix – une valeur qui la
cimente – mais ne le fait pas uniquement parce qu’elle ne peut pas faire
grand-chose d’autre…
D’ailleurs, toutes les décisions concernant l’Ukraine
démontrent que les Européens savent bien où nous sommes aujourd’hui.
Il faut seulement qu’ils croient en leur puissance qui
existe et qui peut devenir une réalité s’ils prennent enfin conscience que leur
modèle est en voie d’extinction s’ils ne prennent pas leurs responsabilités.
Oui, cet «autre monde» nécessite un changement d’échelle
pour l’Union européenne.
Et cet «autre Europe» n’est pas un objectif dans cent ans,
ni même dans dix ans mais pour aujourd’hui.
Car le choix est là pour les Européens: rester maîtres de
leur avenir ou esclaves des volontés de leurs adversaires.
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