vendredi 20 mars 2026

Le réarmement de l’Allemagne et du Japon est-il une bonne nouvelle?

Que penser de la décision des gouvernements allemand et japonais de réarmer leur pays en y consacrant des sommes très importantes?

Evidemment, la situation n’est pas la même que dans les années 1930 et ce réarmement ne poursuit pas un but impérialiste et ultra-nationaliste au service d’idéologies suprémacistes.

Néanmoins s’interroger sur cette décision n’est pas inopportun et déplacé.

Sur son bienfondé et sa pertinence, les menaces des régimes totalitaires russe et chinois sur la paix, la sécurité et la liberté, bien réelles, la justifie amplement.

Avoir une Allemagne et un Japon démocratiques qui pourront participer plus activement à la défense du monde libre semble évacuer tout questionnement sur le bienfait de ce réarmement.

Oui, mais voilà, l’Histoire avec la responsabilité de l’Allemagne et du Japon dans la seconde guerre mondiale et dans les monstruosités commises alors ainsi que le présent avec la montée de l’extrême-droite dans les deux pays ne permettent pas d’être aussi catégoriquement optimiste de les voir redevenir des puissances militaires de premier rang.

Ainsi, au Japon, c’est un gouvernement nationaliste et d’extrême-droite qui est en place tandis qu’en Allemagne, le deuxième parti lors des dernières législatives de février 2025 avec 20,8% des voix, est l’AfD aux racines néo-nazies et qui pourrait très bien occuper le pouvoir dans un avenir proche.

De même, il ne faut pas oublier que le Japon ne s’est jamais repenti de la guerre et des atrocités qu’il a commis pendant que Seconde guerre mondiale et que la dénazification de l’Allemagne a été très partielle.

La conséquence est qu’aujourd’hui, il y a à Tokyo une première ministre qui affirme que le Japon n’est pas responsable de cette guerre, voire en est une victime et que de ce fait ne s’excusera jamais et qu’à Berlin, il y a 152 députés néo-nazis qui siègent au Bundestag.

Alors, il est évident qu’une Allemagne et un Japon forts sont une nécessité à court terme pour le monde libre en ce début de troisième millénaire.

Mais, il ne faut pas se cacher que cela peut-être également un danger à moyen terme.

Cependant, ce serait également dangereux si des gouvernements d’extrême-droite venaient à occuper le pouvoir en France ou au Royaume-Uni.

Déjà, on voit les dangers que représentent la présence de l’extrême-droite au pouvoir aux Etats-Unis et en Italie.

Rien n’est simple dans ce réarmement, à la fois, indispensable pour que l’Europe et le monde libre puisse faire face à la menace existentielle que représente l’internationale totalitaire avec la Chine de Xi et la Russie de Poutine à la baguette mais aussi de l’internationale réactionnaire à la tête de laquelle on retrouve, situation improbable mais bien réelle, les Etats-Unis de Trump.

Et c’est bien cette improbabilité devenue réelle qui inquiète si cela survenait en Allemagne et au Japon.

Faut-il prendre le risque face à un risque bien plus prégnant?

Y a-t-il une réponse franche, claire et sans nuance?

 

 


vendredi 20 février 2026

Sans une justice indépendante, pas de démocratie

Selon le RN, si Marine Le Pen est condamnée en appel pour les faits de corruption avérés à l’encontre du Parlement européen dans l’affaire des attachés parlementaires qui ont été sanctionnés par le tribunal de première instance sans l’ombre d’un doute, alors la France ne sera plus une démocratie.

Une affirmation bien connue de l’extrême-droite reprise désormais par les partisans de Nicolas Sarkozy après ses condamnations.

Or c’est exactement ce qui se passera mais si elle est relaxée!

Selon le parti d’extrême-droite, ce n’est pas à la justice de condamner des politiques – surtout s’il s’agit de ses membres! – mais au peuple de choisir s’ils sont coupables ou non.

Et s’il les élit – donc dans leur raisonnement – c’est qu’il les relaxe et les innocente des charges qui pesaient sur eux.

Un raisonnement repris par nombre de politiciens qui ont eu plus ou moins affaire avec les juges qui pensent pouvoir gruger les électeurs en jouant contre les juges…

Au-delà du danger que représente une «justice populaire» qui se base souvent uniquement sur les émotions et des opinions, non sur les règles de droite, dont on peut voir dans l’Histoire les méfaits, voilà une théorie pour le moins totalement étrangère à ce qu’est une démocratie républicaine libérale.

Car la démocratie n’est pas que le peuple qui, collectivement, n’a que peu voire aucune connaissance juridique, devienne un juge pénal ou civil lors d’une élection au risque d’ailleurs de choisir des corrompus, voire pire, mais bien d’avoir une justice indépendante qui rend des décisions en regard de l’Etat de droit qui doit empêcher des individus ayant commis des actes répréhensibles de ne pas devoir rendre des comptes au peuple.

Le choix du peuple, lui, doit être uniquement politique, c’est-à-dire concerner les programmes politiques et les capacités à gouverner de ceux qui se présentent devant elle, et ne pas interférer avec le judiciaire.

Une justice qui évidemment ne s’occupe pas du contenu des promesses et des programmes ainsi que des qualités politiques de celui qui est déféré devant elle mais uniquement du non-respect de la loi qui rappelons-le est une émanation directe des politiques élus par le peuple.

Loin ici de sanctifier le juge et de stigmatiser le politique.

Un gouvernement des juges serait aussi dévastateur que des juges aux ordres du pouvoir et on peut observer des dérapages dans des jugements rendus – souvent en première instance – sans parler de cette fameuse jurisprudence qui parfois interprète une loi de manière qui ne correspondait pas à la volonté première du législateur.

Mais chacun de son côté doit participer à la démocratie républicaine libérale avec ses attributions et être au service de l’intérêt général et de l’Etat de droit, au service des citoyens, de tous les citoyens, quels que soient leurs engagements partisans.

Vouloir hiérarchiser les trois pouvoirs de ce régime de la démocratie républicaine libérale défini par Montesquieu, c’est vouloir le déséquilibrer et l’empêcher de fonctionner correctement.

Personne ne prétend qu’il fonctionne parfaitement et que des politiques ou des juges puissent outrepasser leur mission et leur fonction.

Les principes de la séparation des pouvoirs entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire sont encore au cœur du fonctionnement de la démocratie républicaine qui régit la France.

L’important n’est pas de la détruire ou de l’affaiblir mais, au contraire, de le renforcer, de lui donner les capacités de mieux fonctionner.

Et le politique qui est soupçonné doit rendre des comptes, non pas au juge mais aux citoyens.

S’il est reconnu coupable d’avoir fauté, il doit être condamné, non pas pour le plaisir du juge mais au nom des citoyens, au nom du peuple français qui a élu ceux qui ont rédiger les règles qui ont abouti à la décision de justice, voire qui les a approuvés lors d’un référendum comme la Constitution qui consacre et définit les pouvoirs des trois branches de la démocratie républicaine.

Alexandre Vatimbella

 


jeudi 19 février 2026

La violence ne fait pas partie du Centrisme

Il est bon de rappeler face au chaos et à la déstabilisation des extrêmes et des populismes qu’il y a des différences essentielles entre les différentes pensées politiques concernant la violence.

Ainsi, si les extrêmes ont toujours revendiqué son utilisation et l’Histoire peut témoigner qu’ils n’ont jamais refusé de la pratiquer, si la Gauche et à la Droite ont parfois recouru à celle-ci, ce n’est pas le cas du Centre qui a sans cesse prôné le pacifisme et le consensus quitte à être même être accusé de faiblesse, voire de trahison parce que les centristes voulaient éviter des bains de sang.

On n’a pas oublié Aristide Briand qui, tant dans la loi de 1905 sur la laïcité que dans ses efforts après le Première guerre mondiale de réconcilier la France et l’Allemagne, a été à la pointe de ces combats, tout comme Robert Schuman, un des pères fondateurs de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne et dont il voulait qu’elle soit un espace de paix et de sécurité.

Que ce soit par ses racines libérales ou chrétiennes, le Centrisme a systématiquement rejeté la violence comme composante de la politique.

Sa vision est d’unir le plus possible et non de diviser.

A la différence des partis clientélistes qui opposent et qui confrontent, qui cherchent le conflit, les formations centristes cherchent à rassembler.

Et il ne faut pas confondre la défense scrupuleuse et exigeante des valeurs humanistes avec une forme de violence comme tente de le faire les extrêmes en parlant d’un soi-disant et oxymorique «extrême-centre» mais la voir comme une lutte inflexible contre la barbarie, sa brutalité et ses atrocités.

C’est pourquoi les centristes sont aujourd’hui à la pointe de la bataille pour sauver la paix tant à l’intérieur des pays démocratiques que dans le monde alors que les extrêmes et les populismes ne cessent de jeter de l’huile sur le feu et attendent avec gourmandise un embrasement général.

Mais sans faiblesse.

Alexandre Vatimbella

 

 




vendredi 23 janvier 2026

Les Etats-Unis de Trump, plus vraiment une démocratie, pas encore une autocratie


2026 pourrait être un tournant pour le régime politique des Etats-Unis au moment où le pays s’apprête à célébrer le 250e anniversaire de sa Déclaration d’indépendance.

Si l’on analyse ce qui s’y passe depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, c’est une érosion dramatique de l’Etat de droit avec des atteintes aux libertés, une militarisation, une corruption et une avidité venue directement de la Maison blanche elle-même ainsi que le changement des alliances au niveau international.

Ne prenons que quelques exemples actuels: la volonté d’annexer le Groenland, territoire appartenant à un membre de l’OTAN, les nouvelles grâces de criminels, le meurtre d’une femme par la police anti-immigration à Minneapolis déjà présente dans de nombreuses villes démocrates du pays aux côtés de militaires, les mises en accusation d’élus actuels ou anciens et de juges par une justice aux ordres dont certains sont menacés de mort par le président du pays, la stigmatisation et les insultes contre des médias et des journalistes, les dépenses somptuaires à la Maison blanche, le développement d’un culte de la personnalité de Trump par le Parti républicain, des propos tenus sur l’inutilité des prochaines élections…

Et cerises sur le gâteau, depuis hier, il poursuit les élus du Minnesota qui ont critiqué l’assassinat par sa police anti-immigration d‘une jeune femme et menace les pays qui défendront le Groenland contre son invasion de sanctions économiques!

Avec ce bilan, force est de constater que les Etats-Unis ne sont plus, de fait, une réelle démocratie.

Pour autant, ils ne sont pas encore une autocratie, régime que Trump rêve de mettre en place avec évidemment sa personne à sa tête jusqu’à sa mort.

Mais on n’en est pas très loin, non plus.

Il suffirait de quelques décisions pour faire basculer ce qui put être considéré comme le phare de la démocratie dans l’aventurisme autocratique, voire pire.

Par exemple de décréter l’état d’urgence ce qui lui permettrait de repousser toutes les élections à venir jusqu’à son bon vouloir avec l’aide des élus républicains du Congrès dont une grande partie sont d’’extrême-droite et de la Cour suprême qui est à sa botte.

Y aurait-il alors une réaction de la part du peuple étasunien dont les sondages montrent de plus en plus son hostilité à la politique désastreuse de Trump?

Si on peut l’espérer, rien ne dit que cela se produira et si tel est le cas, quelle sera son ampleur et quelle sera la répression qui s’en suivra.

Oui, on est bien obligé de raisonner ainsi ce qui aurait été inconcevable il y a encore peu.

Mais le déni de réalité n’est plus de mise, ni les reculades qui ne font que permettre à l’extrémiste populiste de la Maison blanche d’avancer vers son objectif, devenir le roi des Etats-Unis, sinon en titre, tout au moins en pouvoir.

Alexandre Vatimbella

 

 




jeudi 22 janvier 2026

Etats-Unis-Europe: c’est la guerre?

La fuite en avant de Trump risque vraiment de mal se terminer pour la planète.

A la tête des Etats-Unis se trouve sans doute un mégalomaniaque et narcissique à l’extrême mais aussi un personnage doté de peu d’intelligence, submergé par une haine et sans aucun doute quelque peu déséquilibré dont l’hubris est démesuré.

Le pire président ayant jamais occupé le bureau ovale.

Quand on est capable de dire au premier ministre norvégien que l’on va s’emparer du Groenland parce que l’on n’a pas reçu le prix Nobel de la paix ou que l’on va taxer à 200% les vins français parce qu’Emmanuel Macron ne veut pas participer à son «Conseil de de la paix» qui est une vague fumisterie, conseil où il a invité Vladimir Poutine à en faire partie, on est en plein délire de la part du dirigeant de la première puissance mondiale et l’on est en droit de questionner sa santé mentale et son habilité à la gouverner.

Mais pourquoi se gênerait-il puisque tout le monde a peur de lui, même ses fan(atiques)?!

De ce point de vue, il agit comme n’importe quel dictateur qui sont ses modèles ou qu’il admire pour leur puissance et leur culte de la personnalité, d’Hitler à Poutine en passant par Xi ou Staline.

Des dirigeants qui n’ont jamais hésité à utiliser la force contre d’autres pays et leurs populations ce que fait Trump.

Va-t-on vers un état de guerre permanent où après avoir visé l’Iran puis le Venezuela, ce sont les Européens qui sont dans le collimateur à propos du Groenland?

Voilà qui est complètement paradoxal pour quelqu’un qui estime qu’il aurait dû recevoir le prix Nobel de la paix!

Mais on se rappelle aussi qu’Hitler se présentait systématiquement comme un homme de paix qui prétendait n’avoir aucune visée sur ses voisins…

Ce qui est une première, c’est que Trump menace non pas ses ennemis mais les alliés de son propre pays de leur faire la guerre puisqu’il n’a pas exclu de prendre par la force armée l’île de l’Artique.

Sachant qu’il a déjà déclenché une guerre commerciale contre eux (et d’autres pays) tout en faisant tout pour les rabaisser et saper leurs statuts et leurs droits, il serait bon que les Européens se considèrent à tout le moins comme dans un état de «pré-guerre» et se mettent en ordre de bataille pour y faire face et de faire face à un possible conflit.

On peut penser – ou espérer – que celui-ci n’aura pas lieu, in fine, même si personne ne peut l’affirmer à cent pour cent.

Tout cela semble surréaliste mais est bien la réalité que nous vivons actuellement.

Vouloir encore l’ignorer ou le relativiser serait une erreur voire une faute.

Alexandre Vatimbella

 


jeudi 8 janvier 2026

Une «autre Europe» pour un «autre monde»

«L’armée américaine est toujours une option», telle est le propos de la porte-parole de la Maison blanche sur la volonté de Trump d’annexer le Groenland.

«Si tel est le cas, nous serions alors dans un autre monde», telle est la réponse d’Emmanuel Macron.

Mais ne sommes-nous déjà pas dans cet autre monde?

Car n’est-il pas surréaliste de voir une porte-parole d’un président américain envisager d’envahir un territoire appartenant à un pays membre de l’Union européenne?!

Si certains affirment que l’extrémiste populiste du bureau ovale n’osera pas passer à l’action militaire contre l’Europe, d’autres pointent avec raison qu’il est prêt à tout pour parvenir à ses fins sachant qu’il ne s’agit pas pour lui d’assurer la sécurité des Etats-Unis en s’emparant du Groenland mais bien de s’accaparer ses richesses en matières premières.

On entend aussi un discours qui explique que l’Union européenne est un espace de paix et non une puissance, ce qui était sans doute vrai dans l’idée de sa création et sa construction sauf qu’ici on oublie que le monde n’est plus le même que dans les années 1950, ni même au début de ce millénaire.

Et dans cet «autre monde», il doit aussi y avoir une «autre Europe» qui, certes, prône comme elle le fait la paix – une valeur qui la cimente – mais ne le fait pas uniquement parce qu’elle ne peut pas faire grand-chose d’autre…

D’ailleurs, toutes les décisions concernant l’Ukraine démontrent que les Européens savent bien où nous sommes aujourd’hui.

Il faut seulement qu’ils croient en leur puissance qui existe et qui peut devenir une réalité s’ils prennent enfin conscience que leur modèle est en voie d’extinction s’ils ne prennent pas leurs responsabilités.

Oui, cet «autre monde» nécessite un changement d’échelle pour l’Union européenne.

Et cet «autre Europe» n’est pas un objectif dans cent ans, ni même dans dix ans mais pour aujourd’hui.

Car le choix est là pour les Européens: rester maîtres de leur avenir ou esclaves des volontés de leurs adversaires.

 

 


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