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vendredi 20 février 2026

Sans une justice indépendante, pas de démocratie

Selon le RN, si Marine Le Pen est condamnée en appel pour les faits de corruption avérés à l’encontre du Parlement européen dans l’affaire des attachés parlementaires qui ont été sanctionnés par le tribunal de première instance sans l’ombre d’un doute, alors la France ne sera plus une démocratie.

Une affirmation bien connue de l’extrême-droite reprise désormais par les partisans de Nicolas Sarkozy après ses condamnations.

Or c’est exactement ce qui se passera mais si elle est relaxée!

Selon le parti d’extrême-droite, ce n’est pas à la justice de condamner des politiques – surtout s’il s’agit de ses membres! – mais au peuple de choisir s’ils sont coupables ou non.

Et s’il les élit – donc dans leur raisonnement – c’est qu’il les relaxe et les innocente des charges qui pesaient sur eux.

Un raisonnement repris par nombre de politiciens qui ont eu plus ou moins affaire avec les juges qui pensent pouvoir gruger les électeurs en jouant contre les juges…

Au-delà du danger que représente une «justice populaire» qui se base souvent uniquement sur les émotions et des opinions, non sur les règles de droite, dont on peut voir dans l’Histoire les méfaits, voilà une théorie pour le moins totalement étrangère à ce qu’est une démocratie républicaine libérale.

Car la démocratie n’est pas que le peuple qui, collectivement, n’a que peu voire aucune connaissance juridique, devienne un juge pénal ou civil lors d’une élection au risque d’ailleurs de choisir des corrompus, voire pire, mais bien d’avoir une justice indépendante qui rend des décisions en regard de l’Etat de droit qui doit empêcher des individus ayant commis des actes répréhensibles de ne pas devoir rendre des comptes au peuple.

Le choix du peuple, lui, doit être uniquement politique, c’est-à-dire concerner les programmes politiques et les capacités à gouverner de ceux qui se présentent devant elle, et ne pas interférer avec le judiciaire.

Une justice qui évidemment ne s’occupe pas du contenu des promesses et des programmes ainsi que des qualités politiques de celui qui est déféré devant elle mais uniquement du non-respect de la loi qui rappelons-le est une émanation directe des politiques élus par le peuple.

Loin ici de sanctifier le juge et de stigmatiser le politique.

Un gouvernement des juges serait aussi dévastateur que des juges aux ordres du pouvoir et on peut observer des dérapages dans des jugements rendus – souvent en première instance – sans parler de cette fameuse jurisprudence qui parfois interprète une loi de manière qui ne correspondait pas à la volonté première du législateur.

Mais chacun de son côté doit participer à la démocratie républicaine libérale avec ses attributions et être au service de l’intérêt général et de l’Etat de droit, au service des citoyens, de tous les citoyens, quels que soient leurs engagements partisans.

Vouloir hiérarchiser les trois pouvoirs de ce régime de la démocratie républicaine libérale défini par Montesquieu, c’est vouloir le déséquilibrer et l’empêcher de fonctionner correctement.

Personne ne prétend qu’il fonctionne parfaitement et que des politiques ou des juges puissent outrepasser leur mission et leur fonction.

Les principes de la séparation des pouvoirs entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire sont encore au cœur du fonctionnement de la démocratie républicaine qui régit la France.

L’important n’est pas de la détruire ou de l’affaiblir mais, au contraire, de le renforcer, de lui donner les capacités de mieux fonctionner.

Et le politique qui est soupçonné doit rendre des comptes, non pas au juge mais aux citoyens.

S’il est reconnu coupable d’avoir fauté, il doit être condamné, non pas pour le plaisir du juge mais au nom des citoyens, au nom du peuple français qui a élu ceux qui ont rédiger les règles qui ont abouti à la décision de justice, voire qui les a approuvés lors d’un référendum comme la Constitution qui consacre et définit les pouvoirs des trois branches de la démocratie républicaine.

Alexandre Vatimbella

 


jeudi 19 février 2026

La violence ne fait pas partie du Centrisme

Il est bon de rappeler face au chaos et à la déstabilisation des extrêmes et des populismes qu’il y a des différences essentielles entre les différentes pensées politiques concernant la violence.

Ainsi, si les extrêmes ont toujours revendiqué son utilisation et l’Histoire peut témoigner qu’ils n’ont jamais refusé de la pratiquer, si la Gauche et à la Droite ont parfois recouru à celle-ci, ce n’est pas le cas du Centre qui a sans cesse prôné le pacifisme et le consensus quitte à être même être accusé de faiblesse, voire de trahison parce que les centristes voulaient éviter des bains de sang.

On n’a pas oublié Aristide Briand qui, tant dans la loi de 1905 sur la laïcité que dans ses efforts après le Première guerre mondiale de réconcilier la France et l’Allemagne, a été à la pointe de ces combats, tout comme Robert Schuman, un des pères fondateurs de ce qui est aujourd’hui l’Union européenne et dont il voulait qu’elle soit un espace de paix et de sécurité.

Que ce soit par ses racines libérales ou chrétiennes, le Centrisme a systématiquement rejeté la violence comme composante de la politique.

Sa vision est d’unir le plus possible et non de diviser.

A la différence des partis clientélistes qui opposent et qui confrontent, qui cherchent le conflit, les formations centristes cherchent à rassembler.

Et il ne faut pas confondre la défense scrupuleuse et exigeante des valeurs humanistes avec une forme de violence comme tente de le faire les extrêmes en parlant d’un soi-disant et oxymorique «extrême-centre» mais la voir comme une lutte inflexible contre la barbarie, sa brutalité et ses atrocités.

C’est pourquoi les centristes sont aujourd’hui à la pointe de la bataille pour sauver la paix tant à l’intérieur des pays démocratiques que dans le monde alors que les extrêmes et les populismes ne cessent de jeter de l’huile sur le feu et attendent avec gourmandise un embrasement général.

Mais sans faiblesse.

Alexandre Vatimbella