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vendredi 23 janvier 2026

Les Etats-Unis de Trump, plus vraiment une démocratie, pas encore une autocratie


2026 pourrait être un tournant pour le régime politique des Etats-Unis au moment où le pays s’apprête à célébrer le 250e anniversaire de sa Déclaration d’indépendance.

Si l’on analyse ce qui s’y passe depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, c’est une érosion dramatique de l’Etat de droit avec des atteintes aux libertés, une militarisation, une corruption et une avidité venue directement de la Maison blanche elle-même ainsi que le changement des alliances au niveau international.

Ne prenons que quelques exemples actuels: la volonté d’annexer le Groenland, territoire appartenant à un membre de l’OTAN, les nouvelles grâces de criminels, le meurtre d’une femme par la police anti-immigration à Minneapolis déjà présente dans de nombreuses villes démocrates du pays aux côtés de militaires, les mises en accusation d’élus actuels ou anciens et de juges par une justice aux ordres dont certains sont menacés de mort par le président du pays, la stigmatisation et les insultes contre des médias et des journalistes, les dépenses somptuaires à la Maison blanche, le développement d’un culte de la personnalité de Trump par le Parti républicain, des propos tenus sur l’inutilité des prochaines élections…

Et cerises sur le gâteau, depuis hier, il poursuit les élus du Minnesota qui ont critiqué l’assassinat par sa police anti-immigration d‘une jeune femme et menace les pays qui défendront le Groenland contre son invasion de sanctions économiques!

Avec ce bilan, force est de constater que les Etats-Unis ne sont plus, de fait, une réelle démocratie.

Pour autant, ils ne sont pas encore une autocratie, régime que Trump rêve de mettre en place avec évidemment sa personne à sa tête jusqu’à sa mort.

Mais on n’en est pas très loin, non plus.

Il suffirait de quelques décisions pour faire basculer ce qui put être considéré comme le phare de la démocratie dans l’aventurisme autocratique, voire pire.

Par exemple de décréter l’état d’urgence ce qui lui permettrait de repousser toutes les élections à venir jusqu’à son bon vouloir avec l’aide des élus républicains du Congrès dont une grande partie sont d’’extrême-droite et de la Cour suprême qui est à sa botte.

Y aurait-il alors une réaction de la part du peuple étasunien dont les sondages montrent de plus en plus son hostilité à la politique désastreuse de Trump?

Si on peut l’espérer, rien ne dit que cela se produira et si tel est le cas, quelle sera son ampleur et quelle sera la répression qui s’en suivra.

Oui, on est bien obligé de raisonner ainsi ce qui aurait été inconcevable il y a encore peu.

Mais le déni de réalité n’est plus de mise, ni les reculades qui ne font que permettre à l’extrémiste populiste de la Maison blanche d’avancer vers son objectif, devenir le roi des Etats-Unis, sinon en titre, tout au moins en pouvoir.

Alexandre Vatimbella

 

 




jeudi 22 janvier 2026

Etats-Unis-Europe: c’est la guerre?

La fuite en avant de Trump risque vraiment de mal se terminer pour la planète.

A la tête des Etats-Unis se trouve sans doute un mégalomaniaque et narcissique à l’extrême mais aussi un personnage doté de peu d’intelligence, submergé par une haine et sans aucun doute quelque peu déséquilibré dont l’hubris est démesuré.

Le pire président ayant jamais occupé le bureau ovale.

Quand on est capable de dire au premier ministre norvégien que l’on va s’emparer du Groenland parce que l’on n’a pas reçu le prix Nobel de la paix ou que l’on va taxer à 200% les vins français parce qu’Emmanuel Macron ne veut pas participer à son «Conseil de de la paix» qui est une vague fumisterie, conseil où il a invité Vladimir Poutine à en faire partie, on est en plein délire de la part du dirigeant de la première puissance mondiale et l’on est en droit de questionner sa santé mentale et son habilité à la gouverner.

Mais pourquoi se gênerait-il puisque tout le monde a peur de lui, même ses fan(atiques)?!

De ce point de vue, il agit comme n’importe quel dictateur qui sont ses modèles ou qu’il admire pour leur puissance et leur culte de la personnalité, d’Hitler à Poutine en passant par Xi ou Staline.

Des dirigeants qui n’ont jamais hésité à utiliser la force contre d’autres pays et leurs populations ce que fait Trump.

Va-t-on vers un état de guerre permanent où après avoir visé l’Iran puis le Venezuela, ce sont les Européens qui sont dans le collimateur à propos du Groenland?

Voilà qui est complètement paradoxal pour quelqu’un qui estime qu’il aurait dû recevoir le prix Nobel de la paix!

Mais on se rappelle aussi qu’Hitler se présentait systématiquement comme un homme de paix qui prétendait n’avoir aucune visée sur ses voisins…

Ce qui est une première, c’est que Trump menace non pas ses ennemis mais les alliés de son propre pays de leur faire la guerre puisqu’il n’a pas exclu de prendre par la force armée l’île de l’Artique.

Sachant qu’il a déjà déclenché une guerre commerciale contre eux (et d’autres pays) tout en faisant tout pour les rabaisser et saper leurs statuts et leurs droits, il serait bon que les Européens se considèrent à tout le moins comme dans un état de «pré-guerre» et se mettent en ordre de bataille pour y faire face et de faire face à un possible conflit.

On peut penser – ou espérer – que celui-ci n’aura pas lieu, in fine, même si personne ne peut l’affirmer à cent pour cent.

Tout cela semble surréaliste mais est bien la réalité que nous vivons actuellement.

Vouloir encore l’ignorer ou le relativiser serait une erreur voire une faute.

Alexandre Vatimbella

 


jeudi 8 janvier 2026

Une «autre Europe» pour un «autre monde»

«L’armée américaine est toujours une option», telle est le propos de la porte-parole de la Maison blanche sur la volonté de Trump d’annexer le Groenland.

«Si tel est le cas, nous serions alors dans un autre monde», telle est la réponse d’Emmanuel Macron.

Mais ne sommes-nous déjà pas dans cet autre monde?

Car n’est-il pas surréaliste de voir une porte-parole d’un président américain envisager d’envahir un territoire appartenant à un pays membre de l’Union européenne?!

Si certains affirment que l’extrémiste populiste du bureau ovale n’osera pas passer à l’action militaire contre l’Europe, d’autres pointent avec raison qu’il est prêt à tout pour parvenir à ses fins sachant qu’il ne s’agit pas pour lui d’assurer la sécurité des Etats-Unis en s’emparant du Groenland mais bien de s’accaparer ses richesses en matières premières.

On entend aussi un discours qui explique que l’Union européenne est un espace de paix et non une puissance, ce qui était sans doute vrai dans l’idée de sa création et sa construction sauf qu’ici on oublie que le monde n’est plus le même que dans les années 1950, ni même au début de ce millénaire.

Et dans cet «autre monde», il doit aussi y avoir une «autre Europe» qui, certes, prône comme elle le fait la paix – une valeur qui la cimente – mais ne le fait pas uniquement parce qu’elle ne peut pas faire grand-chose d’autre…

D’ailleurs, toutes les décisions concernant l’Ukraine démontrent que les Européens savent bien où nous sommes aujourd’hui.

Il faut seulement qu’ils croient en leur puissance qui existe et qui peut devenir une réalité s’ils prennent enfin conscience que leur modèle est en voie d’extinction s’ils ne prennent pas leurs responsabilités.

Oui, cet «autre monde» nécessite un changement d’échelle pour l’Union européenne.

Et cet «autre Europe» n’est pas un objectif dans cent ans, ni même dans dix ans mais pour aujourd’hui.

Car le choix est là pour les Européens: rester maîtres de leur avenir ou esclaves des volontés de leurs adversaires.

 

 


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