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lundi 15 décembre 2025

Les scandales à répétition de l’ASE montrent que les enfants sont tout sauf des rois hyperprotégés

Oui, en France, il n’y a pas d’enfants qui meurent de faim comme au Soudan.

Oui, en France, i n’y a pas d’enfants qui meurent sous les bombes comme en Ukraine ou Gaza.

Oui, en France, il n’y a pas d’enfants qui sont violés puis embrigadés pour être des tueurs comme en République démocratique du Congo.

Oui, en France, il n’y pas d’enfants esclaves obligés de travailler dans des conditions désastreuses comme au Pakistan.

Oui, en France, il n’y a pas d’enfants obligées de se marier à dix ans avec des vieillards comme en Afghanistan.

Oui, en France, il n’y a pas d’enfants obligés de commettre des attentats terroristes comme au Nigéria.

Oui, en France, il n’y a pas d’enfants qui subissent un lavage de cerveau pour être des soldats prêts à tuer pour des dictateurs comme en Russie ou en Corée du Nord.

Oui, l’enfance en France ne vit pas dans le dénuement, la violence et la crainte quotidiens.

Mais, en France, certains enfants, oui.

Voilà une réalité que l’on aimerait tant gommée mais elle est là.

Et ceux qui la nient ou qui ne font rien pour la changer sont responsables de toutes les atteintes quotidiennes que vivent ces enfants violentés, battus, moqués, agressés, assassinés, abandonnés…

Des enfants qui vivent dans un des pays les plus développés du monde mais qui ne profitent pas de toutes les possibilités qui sont offertes à d’autres filles et garçons de leur âge.

Les scandales à répétition qui touchent l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sont emblématiques du non-respect de tous ces enfants victimes.

Non seulement leur condition est déjà un traumatisme mais ils en vivent des encore plus terribles comme le rapportent les médias, les lanceurs d’alerte et les associations qui tentent de les protéger.

Ces enfants sont trop souvent maltraités, prostitués, abusés et laissés pour compte.

Une société démocratique et républicaine digne de ce nom n’a pas le droit d’agir ainsi.

Ce serait déjà le cas moralement mais c’est au-delà même de toute règle en la matière.

Ces enfants sont les témoins de ce manque d’amour, le vrai, qui devrait guider tous nos comportements de citoyens et toutes les politiques des pouvoirs publics.

Pour ces enfants et pour tous les autres.

Et ce n’est pas le cas.

Non, les enfants ne sont pas des rois hyperprotégés!


Ne jamais parier sur la sagesse du peuple

Apparemment les forces démocratiques n’avaient pas prévu le retour de Trump au pouvoir et les Etats-Unis en payent le prix actuellement.

Elles pensaient que le peuple américain avait vu ce qu’était l’extrémiste populiste incompétent durant son premier mandat et que jamais il n’accepterait son retour.

Qu’il avait compris le danger.

Une immense et tragique erreur.

Mais le peuple américain n’est pas le seul à manquer de sagacité et de sagesse.

Emmanuel Macron et François Bayrou ont également voulu croire à ces deux qualités chez le peuple français.

Le premier connait une forte impopularité tandis que le second a été renvoyé dans ses foyers par des députés largement soutenus par les sondages.

Et je pourrais multiplier les exemples de ce qui se passe de l’Italie au Brésil en passant par l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

Dans tous ces pays montent les extrémismes et les populismes qu’ils soient de droite – le plus souvent – ou de gauche.

S’ils connaissent cet état de grâce, c’est bien évidemment parce qu’ils ont une grande popularité parmi une partie grandissante de la population.

Cette histoire nous l’avons déjà connu par le passé et elle s’est mal terminée ce qui n’empêche pas les peuples d’y revenir.

Encore faudrait-il qu’ils connaissent vraiment l’Histoire avec un grand H, ce qui n’est pas le cas.

Mais ce n’est nullement une excuse car la dangerosité des extrêmes et des populismes se voit aussi dans leurs propos, leurs agirs et leurs idéologies.

Dès lors, comme le disait avec justesse Hillary Clinton lors de sa campagne électorale en 2016 face à Donald Trump, ceux qui se laissent attirer par les sirènes extrémistes et populistes sont des «déplorables», n’ont, en tout cas, aucune excuse sauf peut-être leur bêtise mais ils ne sont pas tous des crétins, loin de là.

Dans tous ces mouvements extrémistes et populistes, il y a systématiquement de la haine et une violence latente ou exprimée.

Il y a une volonté de s’en prendre à l’autre, à un bouc-émissaire qui serait responsable de tous les malheurs de la Terre dont ceux qui adhèrent à ces mouvements.

Ici, aucune sagacité, ni sagesse, seulement des comportements où les émotions négatives, et l’irrationnel sont prédominants.

On ne peut même pas prétendre que ceux qui votent pour les populistes et les extrêmes le feraient pour leurs propres intérêts, petits ou grands.

Si l’on fait les bilans des derniers dictateurs, autocrates et populistes qui sont arrivés au pouvoir grâce à la «volonté populaire», ils sont tous négatifs d’Hitler à Poutine en passant par Mussolini, Erdogan, Loukachenko, Peron ou Trump (Je ne parle pas ici de tous ceux qui pris le pouvoir de manière violente comme Mao, Staline, Franco ou Pinochet, par exemple, ni d’élections truquées une fois certains de ceux que je viens de citer sont parvenus à la tête de leurs pays respectifs).

Et les premiers touchés ont été ces couches les plus défavorisées qui ont voté pour eux dans ce mélange de crédulité en des promesses intenables, de fascination pour la rhétorique de puissance et de ressentiment voire de haine pour la société qui ne les traiterait pas comme elles estimeraient devoir l’être.

Bien sûr, il se peut que cette société qu’elles exècrent ne soit pas parvenue à réaliser l’idéal démocratique et n’est pas pris en considération autant qu’il le faudrait leurs intérêts mais cela ne donne aucune prééminence à des régimes liberticides et violents qui ont tous connu ou connaissent des échecs beaucoup plus grands avec des conséquences d’une toute autre ampleur.

Parce que c’est bien en réformant inlassablement la démocratie républicaine libérale pour la rendre de plus en plus proche de l’idéal qu’elle poursuit que l’ensemble du peuple, dont les plus défavorisés ou laissés pour compte, ont une réelle chance de voir leurs intérêts pris en compte et réalisés.

Mais cela suppose que le peuple ait cette propension à ne pas croire aux bateleurs d’estrades et autres illusionnistes, à ne pas être fasciné par leurs bobards.

De ce point de vue, le projet démocratique qui s’appuie sur la formation et l’information du citoyen n’a pas atteint, loin de là, les objectifs qu’il s’était fixé.

Non pas que ceux-ci soient erronés mais il fallait sans doute une volonté collective guidée par des élus investis dans cette mission de vraiment réaliser la liberté, l’égalité et la fraternité dans le respect de l’autre qui a souvent fait défaut malgré les réalisations indéniables des régimes qui s’appuient sur ces valeurs humanistes.

Résultat, aucune sagesse n’est là pour faire contrepoids à ces émotions négatives et à cette disposition à être dupé.

Et dans les périodes difficiles, cette absence de sagesse conduit les peuples à accepter de prendre le chemin d’aventures cataclysmiques.

Oui, en ce début de troisième millénaire, personne ne devrait parier sur la sagesse des peuples.

 

 




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dimanche 14 décembre 2025

Pourquoi l’Europe fait peur à ses ennemis

Contrairement à ce que croient ses contempteurs, l’Union européenne fait peur à ses ennemis.

Cette affirmation va sans doute susciter de la perplexité voire de l’hilarité.

Mais si cette union n’était qu’un marché ouvert aux quatre vents aux produits étrangers, elle n’inspirerait aucune crainte.

Si l’UE n’était qu’un «machin», pourquoi les Britanniques, majoritairement, souhaiteraient y revenir et pourquoi l’ensemble des partis politiques, exceptés l’extrême-droite de Farage, proxy de Trump, veulent que leur pays collabore avec les Européens en matière de défense.

Et si Trump et Poutine déclarent explicitement qu’elle est une ennemie à combattre et qu’ils veulent sa disparition alors que la Chine tente constamment de l’affaiblir tout en la gardant vivante pour écouler ses produits, c’est bien parce qu’elle a et qu’elle est une puissance et non un club de pays faibles en déclin irrémédiable.

Bien sûr, cette puissance est encore largement potentielle mais elle n’est pas qu’en devenir car elle s’est également grandement développée, connaissant des accélérations lors de la crise de la covid19 ainsi que ses conséquences économiques et, surtout, depuis l’agression de Poutine contre l’Ukraine.

Vouloir la détruire maintenant, c’est éviter qu’elle devienne cette puissance qui compte dans l’ordre mondial et qu’elle puisse imposer ses intérêts mais aussi ses valeurs ainsi que son modèle de démocratie républicaine libérale.

La résistance qu’elle offre déjà aux attaques dont elle constamment la cible montre, non seulement, sa résilience mais sa capacité à se défendre et à empêcher d’être marginalisée.

A chaque fois que Trump et Poutine avec l’assentiment de Xi se mettent d’accord sur son dos, ils ne peuvent avancer face à sa résistance.

En fait, l’Union européenne – objet unique dans le monde – remplit déjà sa fonction protectrice pour tous membres.

Imaginez si elle n’existait pas comme il serait facile de faire pression sur les pays européens, comme il serait aisé de les monter les uns contre les autres, comment on pourrait les ignorer et les instrumentaliser.

Or ce n’est pas le cas et ce qui enrage les Trump, les Poutine et les Xi.

Car même s’ils trouvent les failles qui existent dans cette union, s’ils tentent de les élargir et s’ils réussissent parfois à mettre de leur côté tel ou tel de ses membres, celle-ci fait plus que résister alors même qu’elle est l’objet de déstabilisation par ses ennemis intérieurs qui sont, comme par hasard, proches voire très proches de ses ennemis extérieurs.

Oui, l’Europe fait peur et encore plus par ce qu’elle peut devenir.

Une bonne raison pour continuer la construction d’une Europe unie et d’accélérer le plus possible le processus.

 


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lundi 1 décembre 2025

Evidemment, la réelle solution, c’est une armée européenne

Emmanuel Macron a pris de bonnes décisions depuis 2017 pour moderniser et renforcer l’armée française dans un contexte où les dangers de conflits ont particulièrement augmenté avec cette idée que nous n’en aurons jamais fini avec les menaces de guerre et plus précisément sur le sol européen.

On pourrait bien évidemment parler de l’inconséquence des humains en étant dans la sidération des efforts que ceux-ci ont déployé depuis qu’ils font société pour se détruire les uns, les autres.

Mais la réalité est bien là et il faut, non seulement, la prendre en compte sans oublier d’agir afin de se protéger contre les prédateurs.

L’agression de Poutine contre l’Ukraine nous le rappelle notamment à ceux qui rechignent, voire qui s’opposent à l’effort indispensable pour nous doter d’une défense nationale à la hauteur des enjeux.

Dans les comptes que l’on fait, on se désole de la faiblesse des effectifs des armées européennes qui ont fondu comme neige ces dernières décennies, souvent suite à l’abandon du service militaire obligatoire.

Cependant, si l’on compte le nombre des militaires des 26 pays de l’Union européenne, on arrive, selon les chiffres du SIRPI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), à 1.400.000 soit plus que l’armée américaine (1.300.020) ou l’armée russe (1.320.000) et derrière l’armée chinoise (2.035.000).

Et si l’on compte le nombre d’avions, de bateaux, de canons et autres matériels militaires, on obtient des chiffres conséquents.

Au-delà de la nécessité de renforcer et de moderniser ces armées européennes, on comprend bien que le salut des Européens passe par une armée commune et non par le morcellement de plusieurs forces nationales qui, souvent, par des décisions politiques, ne se coordonnent pas, n’ont pas les mêmes matériels et n’ont pas la capacité immédiate de faire face ensemble à une guerre.

Non pas que des efforts ne soient pas faits dans des coordinations, des mutualisations de moyens et dans la recherche de création d’une industrie européenne de l’armement intégrée mais on comprend bien que le morcellement ne se justifie plus.

Plus important, il met l’Union européenne dans un état de faiblesse dont se jouent les grandes puissances, on le voit actuellement avec les discussions sur la paix en Ukraine qui se font sur le dos de Kiev et en ignorant Bruxelles.

Tel ne serait certainement pas le cas si les Européens se présentaient avec une armée représentant tous ses membres.

Non seulement ils seraient écoutés mais ils seraient respectés et craints ce qui permettrait à leurs intérêts d’être pris en compte et de prévaloir quand il s’agit de leur sécurité.

Ce serpent de mer d’une armée européenne n’a pas cessé d’agiter l’UE depuis sa création, depuis les tentatives de la CED (Communauté européenne de défense) initiée en 1950 par les Français et rejeter en 1954 par… les Français!

S’opposer aujourd’hui à la création d’une véritable armée européenne, c’est affaiblir l’Europe et la démocratie.

La preuve est devant nos yeux quotidiennement.

Alexandre Vatimbella