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dimanche 30 novembre 2025

De l’exceptionnalisme français, de sa pratique et de ses conséquences

Depuis la Révolution française, la France est autant un pays qu’une idée.

Sur la fondation des siècles passés où elle s’est forgée en tant que pays et nation, 1789 lui a donné une deuxième identité qu’elle revendique, celle d’être la représentante de ce qu’elle a décidé d’en faire sa devise, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

En se présentant ainsi aux autres peuples du monde mais aussi à eux-mêmes, les Français ont, à l’instar des Étatsuniens, voulu, à la fois, inspirer l’Humanité mais également poursuivre un projet.

Celui peut être appelé «rêve français» comme il y a le «rêve américain», ce qui permet à ces deux peuples de se croire «exceptionnels», c’est-à-dire différents des autres car portant un message universel (bien sûr, chaque pays revendique une identité propre mais basée uniquement sur sa culture et son histoire, non sur une idée ce qui est le cas, par exemple, de la Chine, même si celle-ci revendique désormais un «rêve chinois» qui n’est en fait qu’un nationalisme étriqué).

Les Français et les Etasuniens ont forgé toute une construction idéologique sur ce soi-disant «exceptionnalisme», ces derniers étant néanmoins beaucoup plus proactifs et bénéficiant, évidemment, du statut international de leur pays qui s’est imposé comme la première puissance du monde.

Une qualité qui leur donnerait, outre le rôle de guide vers un avenir meilleur, la capacité et même le droit de ne pas suivre le commun des autres nations tout en construisant une nouvelle norme

Mais comme pour les Etats-Unis, on peut discuter de la réalité de cette exception de la France et se demander également ce que cette revendication, elle, qui est bien réelle, produit dans les mentalités et les comportements des deux peuples.

La situation politique et sociétale que vit la France en ce moment permet d’analyser comment se voient et agissent les Français en l’espèce.

Ainsi, plusieurs courants politiques, notamment les extrêmes, estiment qu’il est possible que la France soit, non seulement, autonome mais aille à l’encontre de la règle que suivent les autres.

Et les Français qui refusent les réformes et les adaptations nécessaires ainsi que les décisions indispensables comme l’allongement de l’âge de la retraite ou le vote d’un Budget réaliste, aiment à penser que cela est possible.

Cela rappelle les 110 propositions de François Mitterrand en 1981 qui ont séduit les Français avec, in fine, des décisions qui ont ensuite contraint la France à la rigueur devant le fiasco de cette politique franco-française.

Car l’exceptionnalisme n’a que faire de la réalité établie, il prétend même en créer une dans une sorte de volontarisme mêlé d’hubris.

Reste à savoir si la France a la capacité de le faire valoir?

Si l’on compare sa situation à celle des Etats-Unis, le contraste est évident.

Si ces derniers, en tant que première puissance mondiale, peuvent encore imposer leur exceptionnalisme vis-à-vis de la communauté internationale dans un certain nombre de domaines, en revanche, la France avec son poids de puissance moyenne n’a aucune chance d’imposer quoi que ce soit en particulier dans le domaine économique à l’inverse des croyances des forces politiques précitées.

Et à part flatter leurs clientèles électorales, ce comportement est non seulement immature mais également irresponsable avec, comme l’a montré le tournant de la rigueur en 1982, des conséquences néfastes avec du temps et des opportunités sérieuses gaspillés sans oublier des milliards évaporés.

C’est ce que nous vivons en ce moment.

Alexandre Vatimbella 


 


jeudi 20 novembre 2025

Tous les enfants méritent de grandir en sécurité physique, psychologique et affective

En cette Journée internationale de l’enfance, les constats sont là.

Partout dans le monde l’insécurité autour des enfants augmente.

Que ce soit à Gaza, au Soudan, en Ukraine et ailleurs, des enfants meurent à cause des agissements criminels d’adultes.

Sur la toile, les pédophiles et autres agresseurs ainsi que les harceleurs s’en donnent à cœur-joie quand on voit les millions de signalements à travers le monde dont plus de 150.000 en France en 2024!

Et les passages à l’acte sont nombreux avec une montée des plus inquiétantes des viols de mineurs par des mineurs qui sont souvent influencé par la pornographie qu’ils peuvent consulter en ligne que des adultes plus préoccupés par leur profits que par la cause des enfants leur permettent de regarder…

Oui, les enfants dans les pays développés sont plus en sécurité matériellement parlant et ils ont plus de possibilités de s’épanouir et d’acquérir les savoirs nécessaires pour leur avenir.

Mais les dégâts que nos sociétés causent quotidiennement sont trop souvent passés par pertes et profits alors qu’ils ne sont pas inévitables, bien au contraire.

Cela nécessiterait des politiques en faveur des enfants beaucoup plus ambitieuses en France mais également en Europe et évidemment dans le monde.

Comment comprendre, par exemple, qu’en France il n’y ait pas de ministère de l’enfance obligatoire dans chaque gouvernement?

Et si Emmanuel Macron a fait nombre de choses pour la cause et la protection de l’enfance, son refus de nommer des ministres dédiés n’est pas acceptable.

Aujourd’hui, il existe une haute-commissaire à l’enfance et Sarah El Hairy qui a été nommé à ce poste est proactive ce qui est une bonne chose.

Néanmoins, elle sait comme tous les intervenants qui agissent en faveur de la protection de l’enfance qu’il faudrait des moyens bien plus importants que ceux qui sont alloués à la cause des enfants., surtout une tout autre mobilisation de la société en la matière.

Car, oui, le politique n’est pas assez présent mais c’est surtout, nous, les adultes qui ne sommes pas au rendez-vous de la protection des enfants à tout instant.

Oui, nous nous indignons quand les médias nous révèlent qu’un enfant est maltraité, violé ou assassiné.

Pourtant, que faisons-nous concrètement pour que cela cesse?

Pas grand-chose, en tout cas pas assez au vu de la tâche immense que cela représente.

Sans affirmer que nous sommes complices de l’insécurité qui entoure les enfants, nous sommes néanmoins trop souvent défaillants.

Alexandre Vatimbella